Moeurs et coutumes française

 

Mœurs et coutumes françaises

Introduction

Elles sont publiées en 1721 à Amsterdam de façon anonyme. C’est une œuvre difficile à classer car elle fait des emprunts à des genres très différents.  C’est à la fois un faux roman épistolaire et un récit de voyage, une réflexion politique. Ces lettres persanes représentent une synthèse brillante de l’esprit de la Régence (1715-1723), des modes littéraires de son époque et ‘un esprit de contestation qui commence à apparaître. L’exotisme est goût du jour depuis la traduction des milles et une nuit donc Montesquieu s’écrit dans une traduction épistolaire qui met au service d’une efficacité critique.

Avec la lettre 24 commence pour le Persan la découverte de la France, elle a tous les caractéristiques d’un message spontané pour raconter les événements successifs de Rica. Dans ce passage, il égratigne les institutions politiques à travers la figure du roi dans un portrait aussi critique qu’humoristique. 

Cette description du pouvoir politique est-elle gratuite ?

AXE 1 : critique du pouvoir politique :

A.    A.Une représentation élogieuse en apparence

Le plus puissant prince de l’Europe (l.1)

Montesquieu semble rendre hommage à la grandeur et au pouvoir du monarque français avec l’emploie d’un superlatif hyperbolique mais Rica semble considéré comme une découverte insolite l’originalité des sources des richesses du roi.

Il n’y a point (l.2)

Il y a plus de (l.3)

Le roi est aussitôt dévalorisé par la comparaison avec le roi d’Espagne et par le faux rapport logique, très ironique (il y a aucun rapport logique entre la richesse matériel et l’orgueil du peuple)

Parce qu’il les tire de la vanité (l.3)

Tirer assimile le roi a un exploiteur, un personnage habile a manipulé les esprits pour en tirer un profit parce qu’il a sur eux quelque chose qui semble a un pouvoir inculte.

 

B.     B.Dénonciation de la politique colonialiste

 

On lui a vu (l.4)

Pronom personnel indéfini crée un effet de distraction de narrateur, l’épistolier et ces lecteur comme ces sources d’information était fondé sur des rumeurs et sur des épisodes répétés.

Entreprendre ou soutenir de grandes guerres, n’ayant d’autre fond (l.4-5)

Ce passage est un discourt rappel de la colonisation l’Amérique du Sud et du pillage de toutes les richesses par les royautés Européenne. La négation restrictive prouve que le roi rempli le trésor royal avec des moyens dérisoires en France et par génocide totale en Amérique du Sud au XV-XVIème siècles.

Des titres d’honneur à vendre (l.5)

Montesquieu rappelle le principe de la vénalité des charges qui ne sont en rien une garantie de compétence et d’intelligence, il suffit d’avoir de l’argent pour avoir une charge. Ceci donne l’image du roi au goût immodéré pour la guerre simplement pour satisfaire ces ambitions territoriales et ses rêves de grandeur.

 

C.     C.Le roi un grand manipulateur

Grand magicien (l.8)

Exerce son empire (l.8)

Les faits pensés comme il veut (l.9)

La critique devient incisive quand le philosophe assimile le roi à un charlatan. Il n’est pas un monarque qui dirige le pays mais un profiteur qui cherche à s’enrichir au dépend de ces sujets. Il dénonce une véritable imposture, l’adverbe ‘même’ provoque un effet de surenchérissement à travers lequel l’auteur surligne le scandale que constitue la supercherie étatique.

Un écu en vaut 2, et ils le croient (l.11)

Un aspect quasi divin s’attache à la personne du roi comme montre les exemples à la fois puéril et  incroyable.

S’il a…et qu’il (l.10)

S’il (l11-12-13)

La répétition anaphorique de la conjonction ‘si’ témoigne du caractère systématique de la manipulation  des esprits (Montesquieu s’inspire de fait réel qui ont jalonné le règne de Louis XIV).

Il les guérit de toutes sortes de maux en les touchant (l.15)

Montesquieu s’en prend ici au pouvoir thaumaturge du roi, sa critique devient désacralisant, il s’attaque à la capacité de guérison que les rois de France était sensé possédé lors de la cérémonie de sacre à Reims. C’est une remise en cause de la monarchie des droits divins à travers une remarque  irivancieuse présenté comme une sorte de miracle.

 

Axe 2 : la dénonciation de la faiblesse et de la satire du peuple

A.    A.Ma morgue aristocratique

Vanité inépuisable (l.5)

Prodige de l’orgueil humain

Montesquieu s’en prend aussi à l’orgueil de l’aristocrate de l’aristocratie et de la bourgeoisie française à travers des expressions péjoratives. Il stigmatise leur vénalité et leur corruption en vu à n’importe quel prix.

B.     B.La soumission passive du peuple

Penser comme il le veut (l.9)

Il le croit (l.11)

Leur mettre dans la tête

Aussitôt convaincu

Le peuple est entièrement soumis au pouvoir royal comme de véritable enfant. Le pouvoir absolu est facilité par la naïveté et l’absence d’esprit critique et de réaction chez les français.ces formules crée une sorte d’automatise de l’évidence, les sujets sont présentés comme des spectateurs crédule. Le roi est un véritable stratège de l’imposture dans une pratique d’un pouvoir politique particulièrement immorale

 

CONCLUSION

Derrière le portrait d’un monarque vu par un persan au regard ingénu se manifeste l’intention satirique du philosophe qui juge sans concession les déviations du pouvoir politique.  En effet, Montesquieu dénonce l’autorité tyrannique d’une monarchie qui bascule dangereusement vers le despotisme. D’autres philosophes que Montesquieu comme Diderot se montreront très virulent dans l’encyclopédie, autorité politique.

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